Mieux comprendre la maladieLe p'tit dico de l'AFPIE

Le P’tit Dico de l’AFPIE

Les premiers jours passés à l’hôpital, sont irréels pour les familles. Maladroitement les médecins se transforment en véritables encyclopédies, ils déversent aux parents une liste d’informations importantes, bien loin de leur vocabulaire habituel et de leur quotidien.  Comment  tout comprendre et tout retenir ?

Alors pour vous aider à y voir plus clair, les enfants, les mamans, les papas et les soignants se sont mobilisés pour vous. C’est tellement mieux quand c’est une maman qui explique à une autre maman, avec son coeur, avec des mots simples, c’est bien plus doux.

Un grand Merci aux infirmières de l’hôpital Necker dans le service de pneumologie pédiatrique, au Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil et aux familles qui nous ont donné leur autorisation de diffusion.

Grâce à vous, le P’tit Dico de l’AFPIE est né !

 

Les EFR ou Explorations Fonctionnelles Respiratoires et le test de la marche

 

Le regard du doc’

Article posté le 28 aout 2014

Après avoir examiné son petit patient et écouté son souffle, le pneumo pédiatre décide d’en savoir un peu plus grâce à un bilan respiratoire plus complet.

Il lui prescrit des EFR ou explorations fonctionnelles respiratoires.

Cet examen est indolore mais nécessite une bonne coopération de l’enfant. Il est assis et son nez est bouché grâce à une pince. Il lui sera demandé de suivre attentivement les indications données par l’infirmière puis de souffler dans un embout relié à un appareil électronique : le spiromètre.

Cet examen  permet de connaître la capacité respiratoire de l’enfant. Il consiste à mesurer les volumes d’air qui pénètrent dans les poumons et qui en ressortent, ainsi que la rapidité avec laquelle l’air circule dans les bronches.

Pendant cette expiration forcée, l’appareil mesure des paramètres qui sont ensuite comparés à ceux que l’on obtiendrait chez une personne du même âge, du même sexe et de même taille dite « normale » car n’ayant aucun problème respiratoire.

Si les résultats de cet examen étaient anormaux, le médecin pourra, en le répétant, apprécier l’efficacité des traitements qui sont prescrits et suivre l’évolution de la maladie de l’enfant.

 

Le test de la marche est un examen à l’effort et consiste à enregistrer des paramètres durant une marche de 6mn.

Les mesures réalisées sont la tension artérielle au repos et en fin d’exercice, elle est recueillie au bras par l’infirmière, à l’aide d’un brassard et d’un stéthoscope ; ainsi que le pouls et la saturation en oxygène à l’aide d’un oxymètre pendant toute la durée de l’examen.

Ce test comme le précédant ne permet pas d’aider au diagnostic mais de contrôler l’évolution de l’état respiratoire de l’enfant en marchant.

Pour cette enfant par exemple, cet examen est satisfaisant puisque sa saturation en oxygène s’est maintenue au-dessus des 95%.

 

 

Le Bolus de Solumédrol

 

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 Le regard du doc’

Article posté le 5 mars 2013

Le bolus de corticoïde tient une place importante dans le traitement des pneumopathies interstitielles chroniques de l’enfant. Il est administré au sein de l’hôpital sur 3 jours, tous les mois ou plus ,en fonction de la gravité de la pathologie de l’enfant. Il a pour but de lutter contre le processus inflammatoire se développant au niveau des alvéoles pulmonaires dans ces pathologies.

 

Qu’est-ce qu’un corticoïde ?

Les corticostéroïdes ou corticoïdes sont des hormones stéroïdiennes naturelles sécrétées chez les êtres humains par le cortex de la glande surrénales. Cette partie superficielle de la glande produit :

– les glucocorticoïdes ( cortisol ) qui ont les propriétés anti-inflammatoires et une action sur le métabolisme protidique et glucidique

– les minéralocorticoïdes ( principalement aldostérone ) qui agissent sur la régulation de l’eau et du sel dans le corps ( rétention d’eau et de sodium, élimination de potassium )

– les androgènes, qui ont un rôle dans le développement des caractères sexuels

Lorsqu’on parle de bolus de corticoïde, il s’agit de glucocorticoïdes de synthèse. Ils présentent une activité majorée par rapport aux glucocorticoïdes naturels, pour permettre une meilleure action anti-inflammatoire.
Les glucocorticoïdes de synthèse sont rangés en 3 classes en fonction de leur durée d’action et de leur pouvoir anti-inflammatoire. Pour les bolus de corticoïdes, on utilise les glucocorticoïdes à effets courts tel que le méthylprednisolone, avec un pouvoir anti-inflammatoire à 4-5 ( mesuré par référence à celui du cortisol naturel coté 1 ).

 

Qu’est-ce qu’un bolus ?

En médecine et en pharmacie, le terme bolus désigne une dose de médicament que l’on doit administrer au complet d’un seul coup, généralement par injection intra-veineuse ( bol intraveineux ), afin d’obtenir une réponse thérapeutique rapide.
Le bolus s’oppose à l’administration lente ou au traitement de longue durée, par voie orale.
Ici, le bolus de corticoïde ( méthylprédnisolone ) permet un traitement rapide et efficace de l’inflammation.

 

Le Solumedrol ( méthylprednisolone ) :

Il s’agit du glucocorticoïde de synthèse utilisé en pneumologie dans les pathologies interstitielles chroniques de l’enfant. Il possède une activité anti-inflammatoire puissante et rapide, à dose suffisante, il permet de diminuer la réponse immunitaire excessive retrouvée dans ces pathologies.

 

Le Solumedrol est contre-indiqué dans les cas suivants :

– infection virale ou bactérienne en cours d’évolution
– troubles psychiques non traités
– insuffisance rénale
– diabète
– en association avec les vaccins vivants atténués

C’est pourquoi un prélèvement nasal pour recherche de virus (IFN : immunofluorescence nasale ), un bilan sanguin avec ionogramme sanguin, NFS et CRP ainsi qu’un prélèvement d’urine ( ECBU ) est nécessaire avant l’administration du bolus pour vérifier l’absence d’infection.

 

Le Solumedrol peut présenter des effets indésirables :

– une modification du rythme cardiaque ( accélération ou ralentissement )
– une baisse du taux de potassium, rétention d’eau et sel avec hypertension artérielle
– un ulcère de l’estomac ou duodénum
– une augmentation transitoire de la glycémie
– surexcitation, euphorie , trouble du sommeil

C’est pourquoi les enfants sont surveillés pendant le bolus avec un scope ( qui permet la surveillance du rythme cardiaque, de la fréquence respiratoire, de la saturation en O2 ), la mesure régulière de la tension artérielle et de la température de l’enfant.
Cette surveillance rend indispensable la réalisation des bolus en milieu hospitalier.

 

La chambre implantable ou le « PAC »

Ces bolus sont bien souvent répétés de nombreuses fois. Pour faciliter l’accès au réseau veineux et éviter à l’enfant la pose de cathéters veineux périphériques pour perfusion, ( geste douloureux pour l’enfant ), l’équipe médicale propose de plus en plus facilement la mise en place d’une « chambre implantable » ou PAC, voie d’accès vasculaire centrale implantée sous la peau. Elle donne un accès direct à la veine sous-clavière ou jugulaire de l’enfant. La durée du bolus est variable, la plupart du temps sur 8h, 3 jours de suites.